26 Février au 1er Mars 2026 : Tour du Salon du 2 Roues de Lyon par High Side

Le Salon du 2 Roues de Lyon s’est imposé, edition après edition, comme le plus grand rassemblement moto de France. Cette annee encore, ce sont 800 exposants repartis sur 150 000 m2 qui ont accueilli les motards, les curieux et les professionnels. Notre equipe s’est glissee dans les allées, camera au poing, avec une mission simple : faire le tri entre le meilleur et le pire, sans se facher avec toute l’industrie. Au programme de cette visite, une moto francaise a 340 000 €, une replique de M1 sortie d’une imprimante 3D, et un tableau de bord sur mesure qui se branche sur le faisceau d’origine. Voici ce qu’on a vu, en repartant de la video source sur YouTube.

 

1. Le Salon du 2 Roues, plus qu’un événement, une institution

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Le Salon du 2 Roues de Lyon ne se contente plus d’être un rendez-vous parmi d’autres : c’est devenu, au fil des éditions, le plus gros salon moto de France. La formule tient en quelques chiffres : 800 exposants, 150 000 m² de surface, des shows, des expositions, des dizaines d’animations. Derrière ces données brutes, il y a surtout une promesse, celle de parler à tous les motards, quelle que soit leur pratique. Routiers, citadins, custom, sport, vintage, électrique, préparateurs : tout le monde s’y croise, du mardi au week-end.

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C’est aussi, pour notre équipe, l’occasion de prendre la température du marché. On ne cherche pas à faire un reportage lisse. On vient avec les mêmes questions que les visiteurs : qu’est-ce qui vaut le détour, qu’est-ce qui relève du pur marketing, qu’est-ce qui est sincèrement novateur ? À chaque édition, on prend le pari d’arpenter les allées en posant les vraies questions, et en assumant un certain franc-parler. Le but n’est jamais de blesser gratuitement, mais de trier. Entre les projets solides, les coups de communication et les aberrations, la ligne de partage n’est pas toujours évidente.

Cette édition 2026 ne fait pas exception. Au fil du parcours, on a croisé des produits très différents, parfois surprenants, parfois décevants. Il y a eu aussi, comme souvent, deux ou trois trucs à la limite de la chute. Mais surtout, et c’est ce qui nous a poussés à faire cette vidéo, on a trouvé quelques pépites françaises. Des démarches originales, des machines qui ont quelque chose à dire, des artisans qui ne ressemblent à personne d’autre. Voici notre compte-rendu, en restant le plus fidèle possible à ce qu’on a vu et entendu sur place.

 

2. Midual, l’anti-industrie française

Le tour des stands français commence fort, avec une marque qu’on ne peut pas ranger dans une case. Son positionnement est sans ambiguïté : haut de gamme, voire élitiste, à en juger par les prix affichés. Le tarif annoncé sur le stand oscille entre 300 000 et 340 000 € pour un exemplaire. À ce niveau, on ne parle plus simplement d’une moto, mais d’un objet d’exception, à ranger aux côtés de certaines productions italiennes ou anglaises. La discussion sur le stand est claire : ce n’est pas une question de marge déraisonnable, c’est que ça coûte de l’argent à fabriquer. Et la marque assume ce discours.

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Ce qui frappe d’abord, c’est l’originalité technique. La moto est 100 % française, et son moteur est lui aussi 100 % français. Mais surtout, il s’agit d’un boxer transversal. Pour bien mesurer ce que ça implique, il faut revenir à la définition : dans un boxer classique, les deux cylindres sortent horizontalement de chaque côté du vilebrequin. Ici, l’architecture est transversale, c’est-à-dire perpendiculaire au sens de la route. La marque revendique d’ailleurs une configuration unique au monde. Ce n’est pas un détail esthétique : le choix change la silhouette de la moto, sa centralité des masses, et probablement son comportement dynamique.

L’autre parti pris marquant, c’est l’utilisation du cadre comme élément structurel et visuel. La plus grosse pièce de la machine n’est ni le réservoir, ni le moteur isolé, mais une grosse pièce d’aluminium qui tient la roue avant, le bras oscillant, le moteur et le réservoir. Cette pièce unique sert de cache en dissimulant tout ce qu’on ne veut pas voir sur une moto moderne : les câbles, les boîtes à air, l’ensemble du plastique. C’est aussi un moyen de laisser visible ce qui mérite de l’être, et de masquer ce qui ne l’est pas. À l’usage, le résultat donne une moto très épurée, presque minimaliste dans ses lignes, alors que la mécanique, elle, est volontairement exposée.

 

3. 340 000 € : la facture du sur-mesure absolu

À 340 000 €, la question vient naturellement : pourquoi un tel tarif ? La réponse donnée sur le stand est sans détour. Le premier exemplaire a nécessité 2 400 heures de recherche et développement. Au total, ce sont 240 000 heures de R&D qui ont été englouties dans le projet. La marque n’est pas un constructeur récent qui cherche à amortir ses coûts : elle est dans le métier depuis 34 ans. La continuité dans le temps est d’ailleurs présentée comme un argument, une forme de garantie sur la pérennité de la démarche.

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Au-delà du développement, le processus de fabrication explique une grande partie du prix. La moto comporte une trentaine de pièces coulées au sable. Le moteur lui-même est coulé au sable en région parisienne. La technique, qui peut sembler désuète, est en réalité choisie pour sa précision et pour la qualité des pièces. Concrètement, des mouleurs préparent des moules en sable, puis le métal y est coulé à la main. Le moule de la monocoque, par exemple, demande une semaine de fabrication. Pour un seul exemplaire, on mobilise 1,7 tonne de sable de fonderie. Une fois le moule prêt, la coulée elle-même ne dure que 45 secondes. Vient ensuite l’étape la plus marquante : on casse le moule. C’est ce qui donne son caractère unique à la pièce, mais c’est aussi ce qui empêche toute standardisation.

Une fois la pièce sortie, le travail n’est pas terminé. Commence alors un long travail de finissage manuel, décrit sur le stand comme « infernal » par celui qui l’exerce. Ce sont ces heures de main-d’œuvre qui alourdissent la note, en plus du choix des matériaux. Pour donner un ordre d’idée, un poussoir de soupape, pièce minuscule, coûte 0,20 € lorsqu’il est fabriqué en Chine. La marque, elle, l’achète en France à un tarif incomparablement plus élevé. Ce surcoût est assumé, et même revendiqué, comme un choix de souveraineté industrielle et de qualité. Le résultat, c’est qu’il n’y a que 45 motos de cette marque en circulation en France, et la production reste confidentielle. À ce niveau de prix, on ne parle pas de volume, mais d’une logique d’objet d’exception.

 

4. All Drive 3D, la carte de visite en forme de M1

La deuxième étape du tour nous amène chez All Drive 3D, une société elle aussi très artisanale, mais avec une approche radicalement différente. Adrien, dans l’équipe, avait entendu parler de leur démarche et a tenu à ce qu’on s’arrête sur leur stand. La raison est simple : ils ont réalisé une réplique de la M1 en impression 3D. Cette pièce n’est pas une reproduction d’identification ou un gadget. C’est le premier projet visible d’une collaboration plus large, et surtout la démonstration d’un savoir-faire en cours de structuration.

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La réplique exposée n’est pas une copie conforme au millimètre près. La forme générale évoque très clairement la M1, avec son museau, ses ouïes et ses lignes acérées, mais les proportions ont été adaptées. Pour comprendre la démarche, il faut revenir à la méthode. All Drive 3D a réalisé une photogrammétrie complète de la moto de Fabio Quartararo, le pilote officiel Yamaha en MotoGP. Concrètement, des scanners 3D prennent 360 images à la seconde, et reconstituent un modèle numérique exhaustif de la machine. À partir de ce scan, l’équipe adapte ensuite la forme aux contraintes d’une base mécanique différente.

Pour cette réplique, la base mécanique utilisée est un châssis de R1 de 2008. Il a donc fallu composer avec les cotes d’un cadre qui n’a rien à voir avec celui de la M1 actuelle. Les proportions du carénage s’en ressentent : le réservoir, par exemple, est plus bas que celui de la M1 d’origine. À l’œil, on reconnaît immédiatement la filiation, mais l’adaptation est visible. Le carénage est par ailleurs plus avancé que l’original, et certaines arêtes sont plus profilées, ce qui est l’une des libertés prises par l’équipe par rapport au modèle scanné. Au passage, certains détails de finition sont laissés volontairement bruts, pour rappeler que la pièce est sortie d’une imprimante 3D, et non d’un moule d’injection classique.

 

5. Le partenariat avec Yamaha, vers du carbone d’infusion

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Si All Drive 3D a accepté de présenter cette réplique imparfaite, c’est précisément parce qu’elle n’est qu’un point de départ. Le vrai projet, celui qui mobilisera 2026 et 2027, est né d’un partenariat avec All in France Yamaha Racing, la structure française qui engage la marque en championnat. Dans le cadre de cet accord, Yamaha Racing prête une R1M de 2024 à All Drive 3D. L’objectif est clair : passer du prototype visible au stade du salon à une production de petites séries.

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La méthode envisagée est à la croisée de plusieurs technologies. L’idée est de partir de la photogrammétrie déjà réalisée sur la M1, mais cette fois, d’en tirer des moules pour carénage. All Drive 3D a la capacité de produire des moules en injection 3D, ce qui permet de s’affranchir des moules métalliques traditionnels, longs et coûteux à fabriquer. À partir de ces moules, l’ambition est de produire des carénages en fibre de carbone par infusion, c’est-à-dire par imprégnation sous vide. Le résultat attendu combine la précision du scan numérique, la souplesse du moule imprimé et les performances de la fibre de carbone.

Pour les motards, l’intérêt est concret. Un carénage de R1M inspiré de la M1 de Quartararo, produit en France, en petites séries, en fibre de carbone, c’est un positionnement Premium qui n’existait pas jusqu’ici. Pour les pilotes amateurs qui roulent en Yamaha, c’est la possibilité d’avoir une moto esthétiquement plus proche de la machine de course officielle, sans passer par les voies classiques du marché de la pièce détachée. La réplique exposée au salon est donc, comme le reconnaît l’équipe sur place, avant tout une carte de visite. Le plus gros du travail reste à venir, mais les bases sont posées, et l’appui de Yamaha via All in France donne au projet une crédibilité qu’il n’aurait pas eue seul.

 

6. Un tableau de bord à la carte, 100 % français

Le stand suivant est, lui aussi, une découverte. La première impression, c’est qu’on pourrait croire à un produit importé d’Asie. Mais il n’en est rien : tout est conçu et fabriqué en France. Le principe est simple à expliquer, et il fait sourire, parce qu’il vient répondre à une frustration partagée par beaucoup de motards. Vous prenez votre moto, avec son tableau de bord d’origine. Vous l’apportez à cette entreprise, qui le met à la poubelle. Ensuite, vous décrivez vos envies en termes de forme, de design, d’affichage, et l’équipe réalise sur mesure l’instrumentation que vous souhaitez.

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Le concept pourrait s’arrêter à la personnalisation esthétique, mais il va plus loin. L’enjeu technique, c’est la connectivité. Le tableau de bord custom n’est pas un simple afficheur : il est conçu pour se brancher directement sur le faisceau d’origine de la moto, qu’elle soit récente ou plus ancienne. Il va chercher toutes les informations disponibles : régime moteur, vitesse, rapport engagé, niveau de carburant, voyants divers, selon ce que la moto expose. Une fois cette connexion établie, le tableau de bord peut afficher tout ce que la moto sait faire, et même davantage si on lui ajoute des capteurs externes.

Pour les motos qui utilisent encore une transmission par câble entre la roue avant et le compteur, un petit problème se pose. Le système ne peut pas se brancher mécaniquement sur ce câble. Mais l’équipe, composée d’ingénieurs de formation, a prévu une parade : une petite interface électronique additionnelle, développée en interne, qui s’occupe de convertir l’information mécanique en donnée numérique exploitable par l’écran. C’est cette capacité à concevoir à la fois le matériel, l’électronique et le logiciel qui distingue ce produit d’un simple accessoire aftermarket.

 

7. 400 à 500 € pour un mini-PC moto

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Le fonctionnement interne du système mérite qu’on s’y arrête. Le cœur de l’appareil, c’est ce que l’équipe appelle une « base », comparable à un mini-PC embarqué. Le plus gros du travail de développement a consisté à construire cette base : un module unique qui peut s’adapter à toutes les motos, peu importe la marque ou l’année. À partir de cette base, on vient ensuite empiler les fonctions : un simple écran, ou un double écran selon les envies, l’affichage des données natives de la moto, et toutes les personnalisations souhaitées.

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Cette architecture modulaire a deux conséquences importantes. D’abord, elle permet de mutualiser les coûts de R&D : la base est la même pour tous les clients, et c’est seulement la partie logicielle et l’enveloppe extérieure qui changent d’une moto à l’autre. Ensuite, elle rend l’ensemble évolutif : si demain un nouveau type de moto sort, ou si un nouveau protocole de communication apparaît, il suffira de mettre à jour la base, sans devoir tout reprendre. Pour l’utilisateur, c’est la promesse d’un produit qui ne sera pas obsolète au bout de deux ans.

Reste la question du prix. Sur le stand, l’équipe l’assume : il faut compter entre 400 et 500 € pour un boîtier sur mesure, hors pose. Ce tarif n’est pas celui d’un compteur aftermarket classique, mais il reste très en deçà de ce qu’on trouve dans le domaine de l’instrumentation racing haut de gamme. L’autre point qui revient souvent dans la discussion, c’est la réactivité. Plusieurs solutions existantes utilisent un smartphone comme tableau de bord, mais la latence est alors trop importante pour une lecture en roulant. Le produit présenté ici est conçu pour donner l’information en temps réel, sans le décalage perceptible des applications mobiles. C’est un détail qui peut paraître technique, mais sur une moto, la lecture instantanée du régime ou de la vitesse est une question de sécurité avant d’être une question de confort.

Au moment où la visite filmée s’interrompt, on n’a pas encore pu évaluer le comportement réel de l’ensemble en condition de roulage. Le concept est clair, l’équipe est technique, et la fabrication française est un argument qui parle à un public de motards soucieux de l’origine des produits. Il faudra, pour conclure définitivement, voir ce que donne le produit sur la durée, et comment il s’intègre dans des motos qui n’étaient pas forcément prévues, à l’origine, pour recevoir ce type d’électronique embarquée.

 

8. FAQ:

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Quel est le plus grand salon moto de France ?
Selon les chiffres annoncés par les organisateurs, le Salon du 2 Roues de Lyon est le plus grand salon moto de France, avec 800 exposants répartis sur 150 000 m².

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Combien coûte la moto française présentée à 340 000 € ?
Le tarif annoncé sur le stand pour la moto française est compris entre 300 000 et 340 000 €. Ce prix s’explique notamment par 240 000 heures de R&D, l’usage de la fonderie au sable, et un finissage manuel pièce par pièce.

Combien d’exemplaires de cette moto roulent en France ?
D’après l’échange filmé sur le stand, il n’y a que 45 exemplaires de cette moto en circulation en France.

Qu’est-ce qu’All Drive 3D a exposé au salon ?
All Drive 3D a présenté une réplique de la M1, moto de course de Yamaha, réalisée en impression 3D. La pièce est volontairement laissée avec certains défauts de finition pour montrer le procédé utilisé.

Quel est le partenariat entre All Drive 3D et Yamaha ?
All Drive 3D a signé un partenariat avec All in France Yamaha Racing pour 2026 et 2027. Yamaha Racing prête une R1M 2024 afin de fabriquer des carénages en fibre de carbone par infusion, à partir de moules en injection 3D.

Combien coûte le tableau de bord custom présenté sur le salon ?
Le tarif annoncé sur le stand se situe entre 400 et 500 € pour un boîtier sur mesure, hors pose.

Ce tableau de bord fonctionne-t-il sur toutes les motos ?
Le système se branche sur le faisceau d’origine. Pour les motos qui utilisent encore une transmission par câble, une interface électronique additionnelle est développée en interne par l’équipe pour rendre la mesure compatible avec l’écran digital.

 

9. Conclusion:

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Cette nouvelle édition du Salon du 2 Roues de Lyon confirme, s’il le fallait encore, que la France a encore des acteurs atypiques dans l’industrie moto. Entre la moto à 340 000 € qui assume son statut d’objet d’art, la jeune pousse qui imprime des carénages de M1 en 3D avec l’aval de Yamaha, et le tableau de bord custom qui se branche sur n’importe quelle moto, le cru 2026 réserve de vraies surprises. La visite filmée n’épuise pas tout ce qui était à voir sur place, mais elle donne un bon aperçu de la richesse et de la diversité de ce qui se fait aujourd’hui dans l’hexagone, entre artisanat d’élite, innovations techniques et courage industriel. Pour les motards, c’est une raison de plus de garder un œil attentif sur la production française, et de pousser la porte des salons, même quand on est déjà bien installé dans ses habitudes. On vous donne rendez-vous l’an prochain pour un nouveau tour des stands, avec les mêmes questions, et le même appétit de trier le bon grain de l’ivraie.

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