Yamaha sera le fournisseur unique du Moto3 avec le CP2 dès 2028

La catégorie d’accès des Grands Prix s’apprête à connaitre le plus grand changement de son histoire en devenant pour la première fois une coupe monomarque avec un plateau fourni à 100% par Yamaha !

Fini le duel KTM/Honda. À compter de 2028, l’ensemble du plateau Moto3 roulera en Yamaha ! La nouvelle a été officialisée en marge du Grand Prix des Pays-Bas avec le contrat signé entre MotoGP SEG et Yamaha pour faire du constructeur japonais le fournisseur exclusif de la catégorie de 2028 à 2033. Un choix qui est celui de l’économie alors que les machines actuelles coutent extrêmement cher à des équipes qui ne parviennent pas à trouver des sponsors aussi généreux qu’en MotoGP et sont parfois contraints de faire payer leurs pilotes. Car s’il faudra attendre 2027 pour découvrir la machine en détail, on sait d’ores et déjà que c’est le moteur CP2 de la R7 qui équipera ces nouvelles Moto3, un bloc assez peu couteux à fabriquer et aussi bien plus lourd que les moteurs KTM et Honda.

Mais Yamaha assure que c’est une véritable machine de course qui se fourni aux équipes avec un moteur préparé pour sortir plus de chevaux et une partie cycle affutée qui devrait permettre un meilleur rapport poids/puissance que les motos actuelles. De bon augure alors que ces nouvelles Moto3 seront également déclinées en championnat du monde Junior à partir de 2029 avec des spécifications légèrement inférieures. Une moto qui sera par ailleurs fabriquée dans l’usine Yamaha de Saint-Quentin, dans le nord de la France. On peut également s’attendre à ce que la marque profite de ce nouvel investissement pour rapidement sortir une R7 « Moto3 Édition »…

Une refonte qui vise à diviser les coûts par deux et démocratiser l’accès aux Grands Prix. Aujourd’hui, le coût d’une journée (GP ou tests) en Moto3 est d’environ 20 000 €. « Dorna nous a consultés avec plusieurs autres constructeurs, pour repenser l’avenir du Moto3, explique Pavesio. L’idée est comparable au Moto2, mais au lieu d’avoir un motoriste unique avec des châssis libres, ici c’est le constructeur qui fournira une machine complète. » Avec un prix cible autour de 40 000 € contre plus du double actuellement, le changement serait radical. « Les machines actuelles coûtent une fortune, non seulement en mondial, mais aussi aux niveaux national et régional, souligne Pavesio. Ces motos étaient incroyablement avancées il y a presque 20 ans, mais depuis, l’âge des pilotes a changé, leur gabarit aussi. Une évolution a donc du sens. » Dorna a imposé des contraintes strictes : moteur bicylindre de 500 à 700 cm3, règles précises sur le prix et le poids total.

Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP : « Nous sommes très fiers de dévoiler l’avenir du Moto3, non seulement pour le Championnat du Monde, mais aussi en raison de son importance pour les programmes de formation à l’échelle mondiale. Le MotoGP s’engage à développer le sport motocycliste, à soutenir les talents et à améliorer l’accessibilité afin de créer le sport le plus sûr possible et attirer le plus large public. Avec ce projet, nous travaillons avec Yamaha pour créer une plateforme mondiale destinée aux jeunes pilotes, bien au-delà de la simple annonce de la moto qu’ils piloteront. Nous sommes convaincus que ce changement apportera beaucoup au sport, tant en dehors du paddock, à l’échelle mondiale, qu’ici, au sein même du MotoGP.

Yamaha sera le fournisseur unique du Moto3 - 02
« Le Moto3 a un rôle clé à jouer dans notre avenir. Sur le plan sportif, la catégorie constitue le plus souvent le premier pas vers le monde professionnel pour les pilotes qui deviendront plus tard des superstars mondiales. Pour les fans, c’est une occasion de découvrir ces stars de demain et un moment fantastique de chaque week-end de Grand Prix. Notre structure à trois catégories de Grand Prix pour chaque épreuve, avec le Moto2 et le Moto3, offre une expérience unique aux fans. De l’action intense, du talent à l’état pur et l’excellence technique sont au rendez-vous du début à la fin de chaque Grand Prix. Cette nouvelle ère pour le Moto3 a pour objectif d’offrir davantage de tout cela et de mieux positionner cette compétition en tant que catégorie d’entrée de gamme du Championnat du Monde de MotoGP. Ce sera une nouvelle plateforme permettant aux talents et aux performances de s’épanouir ».

Paolo Pavesio, directeur général de Yamaha Motor Racing : « Le Moto3 a toujours représenté le point de départ du rêve de Grand Prix. C’est là que les futurs champions apprennent le métier, que le talent se révèle pour la première fois et que l’avenir de notre sport commence. Dès le début, notre objectif n’était pas simplement de construire une moto. Notre but était de créer une plateforme capable de soutenir les pilotes, les équipes et les championnats pendant de nombreuses années. Une plateforme alliant accessibilité, efficacité technique et performances de course pures. Ce projet rassemble l’expertise de Yamaha Motor Co., de Yamaha Motor Racing et de Yamaha Motor Europe. Il s’agit d’un effort à l’échelle mondiale de la part de Yamaha, qui reflète notre engagement à long terme en faveur de la compétition moto et de la formation des pilotes ».

Pour Yamaha, le choix est évident. « Nous n’avons qu’une option, c’est notre moteur le plus populaire, le CP2, révèle Pavesio. L’année prochaine, les règles de la catégorie d’entrée du Superbike changent. Nous sommes donc déjà bien avancés dans le développement du CP2. Ce n’est pas encore suffisant pour les objectifs du Moto3, mais nous savons qu’il y a de la marge. » Ce moteur propulse, entre autres, la MT-07 ou encore la R7, mais le défi reste de taille pour la marque : « Combiner un moteur de production avec un objectif de poids et de coût représente un challenge. Mais nous avons déjà fait l’étude, c’est faisable. » Pavesio écarte toutefois aussi les rumeurs : « Aucune décision officielle n’a été prise, aucun contrat signé. Et l’appel d’offres porte sur une machine complète, pas seulement le moteur. » Pour Yamaha, ce projet n’a pas de logique commerciale. « Ce n’est pas un business, insiste Paolo Pavesio. C’est un investissement dans notre sport. »

Le moteur Yamaha CP2, comme sur la MT-07, en Moto3 dès 2028 - 01

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